Points clés :
- Une sauvegarde complète réunit deux parties distinctes : la base de données et les fichiers du site.
- Le rythme des copies dépend de l’activité du site et de la perte de données que vous jugez acceptable.
- La documentation WordPress conseille de garder au moins trois à cinq sauvegardes récentes.
- La règle 3-2-1, reprise par l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information), recommande trois copies des données, site en ligne compris, dont deux sauvegardes sur des supports différents, l’une hors ligne.
- L’ANSSI recommande un exercice de restauration au moins une fois par an, avec une trace écrite.
- Le test se fait sur une copie du site : on restaure les fichiers, puis la base de données.
Sauvegarde d’un site WordPress : base de données et fichiers
Un site WordPress vit à deux endroits à la fois, et un backup WordPress complet couvre les deux : la documentation officielle traite la sauvegarde en deux volets, tous deux nécessaires pour remettre le site en état. Le premier est la base de données, généralement hébergée dans MySQL ou MariaDB, à l’écart des fichiers. Elle contient les articles, les pages, les commentaires, les réglages et les comptes utilisateurs, ainsi que les commandes d’une boutique WooCommerce.
Le second volet rassemble les fichiers : le cœur de WordPress, les thèmes, les extensions et les médias téléversés (rangés dans le répertoire wp-content), ainsi que les fichiers de configuration, dont wp-config.php et, lorsque le site s’en sert, .htaccess.
Ces deux volets ne se couvrent pas l’un l’autre. Beaucoup de dirigeants pensent que télécharger le dossier WordPress suffit, alors que ce dossier ne contient généralement pas la base : on récupère un site privé de ses contenus et de ses réglages. L’erreur inverse existe aussi, car un export de la base laisse de côté les images, le thème et les extensions.
La sauvegarde de la base de données WordPress prend la forme d’un fichier d’export, au format .sql, .gz ou .bz2, qui ne redevient une base exploitable qu’une fois réimporté dans le serveur de base de données. La documentation recommande de constituer fichiers et base comme un même jeu, à des moments rapprochés (la base d’abord, les fichiers ensuite), pour que les deux parties restent cohérentes entre elles.
Fréquence et historique : à quel rythme sauvegarder son site ?
Aucune règle universelle ne fixe le rythme des sauvegardes. La documentation WordPress relie la fréquence à l’activité du site, au volume de publications et à la perte de données jugée acceptable. Elle propose un repère indicatif : une sauvegarde par semaine pour un petit site qui publie peu, une par jour pour un site très actif. L’ANSSI écarte explicitement une consigne du type « une sauvegarde par jour » appliquée à tous, et raisonne à partir de la perte de données maximale admissible et de la durée d’interruption que l’activité peut supporter.
Sur une boutique WooCommerce, une sauvegarde faite à minuit ne contient aucune des commandes passées pendant la journée ; si le site doit être restauré en fin d’après-midi, ces commandes manquent et se reconstituent à partir des e-mails de confirmation ou du relevé du prestataire de paiement. Combien de commandes pouvez-vous perdre entre deux sauvegardes ? Plus la réponse se rapproche de zéro, plus les copies doivent être fréquentes.
La documentation recommande aussi de garder au moins trois à cinq sauvegardes récentes. Cet historique sert quand un problème passe inaperçu : une page modifiée par erreur ou une extension défaillante sont parfois repérées plusieurs jours plus tard, alors que la dernière copie contient déjà le défaut. La profondeur d’historique se règle donc sur le délai dans lequel vous remarquez une anomalie.
Avant toute mise à niveau de WordPress, la documentation demande de sauvegarder la base et tous les fichiers, puis de vérifier que ces copies existent et sont exploitables. Le même réflexe vaut avant la mise à jour d’une extension ou d’un thème. WordPress conseille enfin de lancer de temps en temps une sauvegarde manuelle, en plus des copies automatiques, pour s’assurer que le processus fonctionne. Comme une sauvegarde sollicite le serveur, ce qui peut ralentir un site volumineux, les copies automatiques sont en général programmées la nuit, aux heures creuses.
Copie hors ligne et règle 3-2-1 : où ranger vos sauvegardes
Tout ce qui est rangé sur le serveur d’un site partage son sort : une panne matérielle, une erreur chez l’hébergeur ou une attaque emportent le site et ses copies en même temps. Pour sauvegarder un site internet de façon utile, il faut donc au moins un exemplaire stocké ailleurs. Cybermalveillance.gouv.fr demande de conserver au moins une copie dans un lieu différent de celui des originaux, et l’ANSSI reprend le principe dans la règle 3-2-1.
Décrite dans le document de l’ANSSI « Sauvegarde des systèmes d’information », cette règle demande trois copies distinctes des données, votre site en ligne compris, dont deux sauvegardes sur des supports différents, l’une d’elles hors ligne. Trois copies posées sur un même espace de stockage connecté ne la respectent donc pas, et les trois à cinq sauvegardes récentes conseillées par WordPress répondent à une autre question, celle de l’historique.
Pour l’ANSSI, un support hors ligne est déconnecté de tout système d’information, comme une bande magnétique ou un disque dur externe débranché après usage ; un disque laissé branché en permanence reste joignable en cas de compromission. Un stockage en ligne reste connecté lui aussi ; il offre une protection équivalente seulement si le fournisseur prévoit explicitement une isolation, une protection contre la suppression ou une conservation immuable (des copies que personne ne peut modifier ni effacer pendant une durée fixée), et si vous l’avez vérifié auprès de lui.
Les trois emplacements donnés en exemple par la documentation WordPress se lisent ainsi au regard de la définition de l’ANSSI.
| Emplacement | Ce qu’il permet | Copie hors ligne au sens ANSSI ? |
|---|---|---|
| Hébergement du site | Revenir vite en arrière après une erreur ou une mise à jour ratée, tant que le serveur fonctionne | Non, et une copie rangée sur le serveur même du site disparaît avec lui |
| Stockage en ligne | Récupérer le site si le serveur devient inaccessible | Non par nature ; protection équivalente seulement si l’isolation ou la conservation immuable est prévue et vérifiée |
| Ordinateur local | Disposer d’une copie indépendante de l’hébergeur et du fournisseur de stockage | Non tant qu’il reste connecté ; oui si la copie part sur un disque externe ensuite débranché |
Le guide de l’ANSSI pour les TPE-PME conseille de combiner copies en ligne et copies déconnectées, notamment pour résister à un rançongiciel, ce logiciel malveillant qui chiffre toutes les données qu’il peut atteindre, copies connectées comprises. L’ANSSI admet que la copie hors ligne soit plus espacée que les sauvegardes en ligne, tant qu’elle les complète et reste compatible avec la perte de données maximale admissible. Les copies se protègent enfin comme les données d’origine, avec des accès restreints, et leur support se surveille, car un disque peut s’abîmer ou tomber en panne, comme le rappelle Cybermalveillance.gouv.fr.
Tester une restauration avant d’en avoir besoin
Pourquoi l’ANSSI demande de tester les sauvegardes
Une sauvegarde peut se terminer sans le moindre message d’erreur et rester inutilisable le jour d’un sinistre, souligne l’ANSSI, et Cybermalveillance.gouv.fr ajoute que constater la présence d’un fichier ne suffit pas. L’ANSSI demande donc de tester régulièrement les sauvegardes, de rédiger une procédure de restauration et de l’appliquer réellement ; son guide d’hygiène informatique et son référentiel de mesures fixent un exercice au moins une fois par an, avec une trace écrite.
Faire l’essai sur une copie de test, jamais sur le site en ligne
Restaurer une sauvegarde complète par-dessus le site en ligne remplace son état actuel par celui de la copie : les commandes et les messages arrivés depuis sont perdus. L’essai se fait donc ailleurs, comme le propose Cybermalveillance.gouv.fr, qui conseille de restaurer les données vers un autre système ou appareil. Selon vos moyens, la copie de test prend la forme d’une installation sur votre ordinateur, d’un sous-domaine réservé à cet usage ou de l’espace de préproduction que certains hébergeurs proposent.
Quelques précautions rendent l’essai fiable, et leurs réglages relèvent de la personne qui gère votre site. La copie dispose de sa propre base de données, et le fichier wp-config.php restauré pointe vers elle : avec les identifiants d’origine, une copie installée sur le même hébergement risquerait d’écrire dans la base du site en ligne. Les adresses enregistrées dans la base (celle du site, des images et des liens insérés dans les contenus) sont remplacées par celle de la copie ; sinon, chaque clic renvoie vers le site en ligne, et l’on croit examiner la copie alors qu’on consulte l’original. Enfin, la copie reste fermée au public et aux moteurs de recherche, par un mot de passe par exemple, ses e-mails sont neutralisés ou redirigés vers une adresse interne, et ses liaisons avec le paiement en ligne ou les outils métier reliés aux formulaires sont coupées ou basculées en mode test, pour qu’aucun client ne reçoive de message ni ne soit débité, et qu’aucune fausse demande n’arrive dans vos outils.
Restaurer les fichiers, puis la base de données
Pour une restauration, la documentation WordPress inverse l’ordre de la sauvegarde : on remet d’abord en place les fichiers (cœur, thèmes, extensions, médias, configuration), puis on importe la base de données correspondante dans MySQL ou MariaDB, par un outil d’administration de base de données ou par l’extension qui a produit la copie. Le test permet justement de répéter cette étape à froid : si une partie manque, vous l’apprenez pendant que le site en ligne fonctionne encore. Remettre en route un site réellement en panne relève d’une autre démarche, détaillée dans notre article sur la procédure face à une erreur critique WordPress.
Vérifier pages, images, formulaires et administration
Parcourez ensuite la copie comme un visiteur, puis comme un administrateur : ouvrez la page d’accueil et les pages qui vous amènent des clients, contrôlez l’affichage des images, testez chaque formulaire en vérifiant que le message arrive sur l’adresse interne prévue, puis connectez-vous à l’administration avec votre compte habituel. Sur une boutique, assurez-vous que les dernières commandes antérieures à la sauvegarde figurent dans la liste. Notez la date, la copie utilisée, le temps passé et les difficultés rencontrées : cette trace servira de mode d’emploi le jour d’une restauration réelle.
Extension de sauvegarde WordPress, hébergeur ou prestataire ?
Une extension, un hébergeur ou un prestataire peuvent tous assurer la sauvegarde d’un site WordPress, et la différence se joue sur les trois conditions posées dans l’introduction : fichiers et base réunis, un exemplaire hors du serveur du site, une restauration déjà essayée.
L’extension : quatre critères pour en juger une
Une extension, ce qu’on appelle couramment un plugin de sauvegarde WordPress, convient au dirigeant qui gère lui-même son site et accepte de surveiller ses copies. Quatre critères permettent de juger celle que vous choisissez. Elle sauvegarde les fichiers et la base dans un même jeu. Elle envoie automatiquement une copie vers un stockage externe, au lieu de la ranger dans le dossier du site. Elle vous alerte quand une sauvegarde échoue, car un échec peut passer inaperçu. Sa restauration reste possible quand l’administration du site ne répond plus, car un bouton de restauration logé dans le tableau de bord suppose un WordPress en état de marche.
Même bien réglée, une extension vous laisse la copie hors ligne, sauf si son stockage externe offre une isolation ou une conservation immuable vérifiée auprès du fournisseur, ainsi que l’exercice de restauration annuel.
L’hébergeur : les questions à lui poser
Beaucoup d’hébergeurs incluent des sauvegardes automatiques, dont le contenu varie d’une offre à l’autre. Avant de compter dessus, posez ces questions par écrit à votre hébergeur, pour garder sa réponse :
- Les sauvegardes couvrent-elles les fichiers et la base de données ?
- À quelle fréquence sont-elles réalisées, et combien de temps sont-elles conservées ?
- Où sont-elles stockées : sur le serveur du site ou ailleurs ?
- Les copies sont-elles isolées ou protégées contre la suppression ?
- Comment se déroule une restauration, qui la déclenche, et est-elle facturée ?
- Puis-je télécharger une copie complète pour la conserver de mon côté ?
Les autres critères de choix d’un hébergeur sont traités dans notre article sur le choix d’un hébergement WordPress professionnel.
Le prestataire de maintenance : ce que le contrat doit préciser
Avec un contrat de maintenance, la sauvegarde change de mains, et le contrat doit le refléter noir sur blanc : ce qui est sauvegardé, la fréquence, la profondeur d’historique, le lieu de stockage des copies, les conditions d’une restauration et le rythme des tests. Chez novfr, le contrat de maintenance comprend une sauvegarde quotidienne des fichiers et de la base de données, avec sept jours d’historique ; en cas de panne, nous pouvons restaurer la sauvegarde de la nuit précédente. L’hébergement fait partie du contrat, parce que les sauvegardes complètes et les restaurations demandent un accès au serveur. Le détail figure sur notre page de service Maintenance WordPress, dont la FAQ répond aussi aux questions « Que se passe-t-il si mon site tombe en panne ? » et « Que faites-vous si le site est piraté ? ».
Une question à poser dès cette semaine
Les copies de votre site vous protègent une fois qu’une restauration a déjà été essayée. Dès cette semaine, écrivez à votre hébergeur ou à votre prestataire pour lui demander où sont stockées vos sauvegardes et à quelle date une restauration a été testée pour la dernière fois. Si la réponse tarde ou reste vague, inscrivez un essai de restauration dans votre agenda du mois et conservez-en la trace, comme le recommande l’ANSSI. Pour comparer avec un contrat qui précise ce qu’il sauvegarde et à quel rythme, vous pouvez voir ce que comprend le contrat de maintenance novfr, sauvegardes comprises.


